Soirée électorale

6:56 PM Anthony 0 Comments


Au fil des années, j'ai appris qu'une soirée d'élection présidentielle aux USA, c'est un peu une ambiance de finale de coupe du monde de football ou de concours Eurovision de la chanson. On en parle toute la journée, on planifie avec qui on va regarder, ce qu'on va manger et boire...

En 2008, l'élection avait lieu le jour de la retraite du Département d'Immunobiologie. Un des professeurs a donné sa présentation vêtu d'un T-shirt Obama. Vous imaginez? Marius Gilbert donnant cours au Janson avec un T-shirt au portrait de Sophie Wilmès? Le soir et les jours suivants, le pays (en tout cas la région du pays où je me trouvais) était euphorique. "Yes we can!", malgré la crise financière, tous les espoirs étaient permis. Mais je me souviens distinctement ce soir-là d'une réflexion d'un commentateur sur CNN, inquiet: pour contrer cette vague bleue (la couleur des démocrates), les républicains allaient devoir mettre la barre encore plus à droite 4 ans plus tard.

En 2012, j'étais à la  bibliothèque à Yale, travaillant sur l'article Mistigri. Trop facile! Tout était joué bien avant l'heure où je me faisais généralement virer par l'agent de sécurité qui venait fermer les portes de la biblio.

En 2016, on s'attendait à une soirée amusante: les sondages étaient clairs, le clown allait se faire renvoyer dans ses pénates. En début de soirée, les commentateurs étaient confiants: les votes ruraux plus favorables au républicains étaient comptés plus rapidement, les votes pro-démocrates venant des villes allaient arriver plus tard. Ils ne sont jamais venus. Alors on a tenté de se convaincre que peut-être que ça allait aller quand-même... le clown allait épouser le costume de Président. Tu parles!

En 2020, malgré la confiance des sondages, on avait du mal à y croire: une Présidence normale semble être quelque chose de tellement lointain; mais 4 ans de plus avec le même président était tout simplement impensable. La veille du scrutin, les sondeurs tentaient de nous rassurer: même si les sondages se plantaient autant qu'en 2016, ce serait encore une victoire pour Biden. Et pourtant... Vers minuit, le scénario de 2016 se répétait: le président sortant avait un avantage à 2 chiffres dans les états clef du Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie. A ce moment-là, j'ai dû arrêter de regarder les infos: littéralement, je tremblais des quatre fers. Je suis allé dormir, mais je n'ai guère dormi.


Ce matin, l'écart s'était resserré. Il y avait de l'espoir. Mais ça restait terrifiant. Et puis dans l'après-midi, le Wisconsin et le Michigan sont tour à tour passés au bleu. Rien n'est encore fait, car le comptage se poursuit dans les derniers états. Donc on croise les doigts, mais ça devrait aller. La tension est quelque peu retombée. Il va falloir du temps pour se remettre de ces 4 ans de chaos. Mais ce soir, le pays a surtout besoin d'apaisement.

A Yale, en face du labo, il y avait un marchand de muffins et de café. Ca s'appelait le Blue State Coffee. Peint sur les murs, il y avait des citations de diverses personnalités. Dont une de Bill Clinton: "Il n'y a rien de mal en Amérique qui ne puisse être résolu par ce qu'il y a de bien en Amérique."

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