Marché

 

Pour la première fois depuis au moins 15 ans, j'ai pris congé aujourd'hui sans raison particulière. J'avais juste envie de rester à la maison. Rassurez-vous, j'ai quand-même travaillé une bonne partie de la matinée et j'ai encore 2-3 petites choses à faire ce soir.

Mais le reste de la journée, j'ai juste profité du soleil. Et aussi, ceci va faire plaisir à Elodie, je suis allé au marché fermier... situé littéralement au coin de la rue. Ce marché se tient de mai à octobre... mais le vendredi de 15 à 19 heures, c'est vraiment pour les gens qui n'ont rien d'autre à faire.


J'ai failli me tailler après 3 minutes. Car vraiment, est-ce nécessaire de faire goûter les cookies à tout le monde, d'expliquer à chaque passant comment les tomates sont cueillies, etc... j'ai autre chose à faire, moi. Ah ben non, pas aujourd'hui... aujourd'hui je peux peut-être faire comme les gens normaux et prendre le temps au marché.

Après m'être un peu calmé, j'ai écouté ce que les marchands avaient à raconter. Et je suis revenu avec un plan de tomates-cerises à replanter, de la confiture à la rhubarbe, du miel et de la mozzarella artisanale.


Mais surtout, regardez qui j'ai retrouvé au coin de la rue!

Rien que pour ça, je n'ai pas perdu mon temps en allant au marché!



Police!


J'avais la flemme cet après-midi au bureau. Alors comme la météo est spectaculaire, j'ai traversé la route et j'ai été m'assoir sur un banc, une demi-heure, au bord du lac.

Comme vous voyez, certains flics en patrouille ont la vie belle ces jours-ci à Seattle!


Pas malin


Je n'avais pas trop de travail ce week-end. Alors j'ai décidé de prendre la voiture, rouler une petite heure vers l'est jusqu'à Snoqualmie Pass, et aller courir sur le "ravel" au pied des montagnes. Une ancienne voie de chemin de fer longeant un lac, c'est tout plat et le paysage est plutôt sympathique.

Mais je n'ai pas réfléchi beaucoup plus loin que le bout de mon nez. Le premier jour de mai à 800 m d'altitude dans le creux des montagnes, il fait encore froid. Et quand je suis arrivé, voici à quoi ressemblait le ravel...

... je reviendrai dans quelques semaines!

A part ça, il y a codeco lundi. Le gouverneur va nous annoncer le retour en phase 2 de déconfinement. Car malgré la vaccination galopante (44% des adultes entièrement vaccinés!), la phase 3 depuis mi-mars et la réouverture des restaurants a déclenché le début de la quatrième vague locale.


On va s'en sortir, hein! Si c'est comme en Israël, à 60-70% de vaccination, ça devrait s'améliorer. Mais pour la Belgique qui a deux bons mois de retard dans sa vaccination (et seulement 7% de double vaccinés), j'ai quelques inquiétudes pour le prochain codeco et pour la fin de l'année scolaire...

Rainier Avenue


Si quelqu'un se demande d'où vient le nom de cette avenue, il suffit de jeter un oeil dans le coin du rétroviseur!

Un air de 23 septembre

 

La dernière fois que la bulle a été augmentée à 10, c'était le 23 septembre. Sophie donnait ainsi le signal de départ d'une deuxième vague qui allait emporter plus de 10000 personnes. A l'époque, la décision était justifiée par certains "experts" qui nous disaient qu'il fallait vivre "avec le virus".

Aujourd'hui, Marius et ses amis nous disent qu'ils faut vivre "malgré le virus". Je suis la littérature scientifique sur le sujet depuis plus d'un an, et je n'ai pas encore vu de description rigoureuse de la différence entre "avec" et "malgré".

Par contre, on peut refaire une petite séance d'épidémiologie comparée entre la Belgique et le King County. D'abord, les chiffres. Densité de population comparable. Incidence du virus nettement inférieure ici, 200 cas en 14 jour pour 100000 habitants, contre 470 en Belgique. Large avance du King County pour la vaccination, particulièrement si on compte ceux qui ont reçu une double dose: plus de 30% de la population (16 ans et plus), contre seulement 7% (18 ans et plus) en Belgique. Assurément, le King County doit approcher de l'immunité de groupe, n'est-ce pas?


Autre comparaison, le Codeco: aléatoire et arbitraire en Belgique. Planifié et prévisible ici: toutes les 3 semaines, et des critères prédéterminés pour passer d'une phase de (dé)confinement à une autre.



Ce qu'on sait depuis un an: la mobilité de la population prédit l'incidence du virus deux semaines plus tard.

Codeco du 22 mars, nous étions à une incidence d'environ 90, de quoi entrer en phase 3 de déconfinement. Réouverture des restaurants, théâtres, cinémas à 50% de capacité. Résultat: Rt a grimpé à 2.

Codeco du 12 avril: incidence de 197. On a échappé de justesse au reconfinement en phase 2. Mais aucun doute de ce qui nous attend le 3 mai (échapperons-nous à la phase 1?).


Il y a deux manières de maîtriser le virus: les méthodes non pharmaceutiques des épidémiologistes et la vaccination des immunologistes.

Deux pays ont réussi à maîtriser le virus: l'Australie a pratiqué de manière strictes les méthodes non pharmaceutiques, Israël a mis le prix pour vacciner à une vitesse record.

Que va-t-il donc se passer en Belgique ces prochaines semaines? A moins que Marius n'ait un plan miracle ou qu'Ursula ne nous trouve 10 millions de vaccins, je pense savoir... Le virus se délecte de la non-science!

Tout ça pour dire qu'il n'y a que deux solutions possibles:

1) Pfizer: vous ai-je déjà dit que c'était un vaccin extraordinaire?

2) Le pâté gaumais: car quand le JT parle du pâté gaumais, mon téléphone s'affole et tout le monde semble de radieuse humeur... de quoi maintenir le moral des troupes jusqu'à la prochaine livraison de Pfizer!



Voyage essentiel

 

Pas de Paris-Roubaix ce week-end. La dernière fois que la course avait été annulée, trois fois consécutivement, c'était lors de la deuxième guerre mondiale.

Je ne sais pas vous, mais pour mes grands-parents, leur vie avait été coupée en deux. Chaque fois qu'ils racontaient une histoire de leur vie passée, ils parlaient toujours de "avant la guerre" ou "après la guerre". Depuis le début de la pandémie, je me dis que le coronavirus et cet interminable confinement auront le même effet pour nous. D'ailleurs, dommage qu'ils ne soient plus là, car j'aimerais vraiment savoir comment notre 2020-21 se compare à leur 1940-45. Vous savez, les restaurants, les théâtres, les messes du dimanche... et toutes ces choses (non)-essentielles dont est faite notre vie au 21ème siècle.

Ce qui est certain, c'est que nous, on laissera des traces de notre confinement sur Strava: toutes nos petites performances et compétitions virtuelles. Lors de la prochaine pandémie, les athlètes confinés pourront comparer leurs performances à celles de leurs ancêtres.

Et bien figurez-vous que nous sommes des précurseurs dans la famille. Les fichiers Strava des arrières grands-parents viennent de refaire surface!


J'ai cartographié tout ça!
En 1940, le souvenir de la précédente guerre était encore frais dans les mémoires. Alors dès le 10 mai, les gens de Saint-Léger se sont organisés. Ils ont fuit. Ils ont attelé les chevaux, ils ont chargé ce qu'ils pouvaient sur les chariots, puis ils ont pris la route à pied. De nuit. Départ à 22 heures.

Ils ont fait étape 54 kilomètres plus loin, à Dun-sur-Meuse. On cherche toujours les archives Instagram, mais il est peu probable qu'ils aient logé dans une auberge 4 étoiles avec piscine. Quoiqu'il en soit, le lendemain, 12 mai, ils reprenaient leur grande vadrouille qui allait les amener quatre jours plus tard à Saint-Quentin-les-Marais, en Champagne.
Ils ont passé près d'un mois à Saint-Quentin. Puis le 12 juin, probablement pressés par la propagation du virus.... euh, pardon... par l'avancée des armées ennemies, ils ont poursuivi leur chemin vers le sud jusqu'à Fralignes, pas très loin de Troyes.
L'histoire ne dit pas ce qui les a poussés à faire demi tour. Mais le 20 juin, ils reprenaient la direction de Saint-Léger, où ils rentraient 7 jours plus tard. Pendant 5 ans ils allaient devoir vivre avec la présence du virus... non, de l'envahisseur.

En tout, un périple de 500 km. Kudos!
Nous, on fait pareil juste pour avoir l'air beaux sur Strava... tout en se plaignant des restrictions qui nous privent de tant de libertés. Comme quoi, on peut toujours faire confiance à nos (arrière) grands-parents pour nous remettre à notre place.

Ceci dit, pour Strava et quand nous serons déconfinés, j'ai trouvé un beau circuit: un pèlerinage de 500 bornes en flèche bleue.


Moitié


Suite à une malencontreuse erreur administrative, ...
... la deuxième moitié de la route...
 
... a été livrée sous forme de piscine chez l'échevin.




Fin d'un épisode

 

Moment d'inquiétude en me levant vendredi matin:

En 2019, à une époque pré-COVID et pré-Jag, des conduites de gaz avaient été remplacées dans la rue. Mais les saignées avaient été rapidement rebouchées, laissant d'horribles cicatrices dans la route. A cause des événements de 2020, la réparation finale a été reportée... jusqu'à maintenant. Et donc lundi matin, plus aucune voiture ne peut être parquée dans la rue.

Donc la Jaguar va partir: soit son propriétaire va la déplacer, soit elle va être embarquée à la fourrière. Vendredi soir, le proprio était sur place:

Mais voila, les voitures anglaises ne sont pas connues pour leur fiabilité. Le chef à Yale avait une blague: "Sais-tu pourquoi on ne fabrique pas d'ordinateurs en Angleterre?" Parce que les ordinateurs ne peuvent pas perdre d'huile. Et bien quand tu abandonnes ta Jag pour un an et demi, la batterie se décharge. Et sans batterie, le verrouillage central ne fonctionne pas. Sans ouvrir les portes, pas moyen d'ouvrir le capot. Heureusement, dans les Jag, j'ai vérifié sur Google, la batterie est située dans le coffre qui peut être ouvert avec la clef.

Samedi, le gars est donc revenu avec un chargeur portable, qu'il a branché dans le coffre.

Dimanche matin, le mec pensait s'en sortir en quelques minutes. Un vrai marchand de voitures d'occasion en puissance. "C'est juste l'alarme qui a déchargé la batterie. C'est une excellente voiture, elle roule à merveille. Elle est de 1998 mais n'a que 80000 miles". Il a réussi à ouvrir les portes puis le capot, révélant son joli V8.

Mais ensuite, il a dû remettre de l'huile, gonfler les pneus... il était prêt à partir. Ou presque, car apparement, la boîte automatique était bloquée sur P. Il a finalement pu faire une petite marche arrière. Et puis j'ai cessé de l'espionner.

En fin d'après-midi, la Jag était partie. Dommage. Mais une si belle voiture mérite, à mon avis, plus de soins. Car elle commençait quand-même un peu à pourrir, là toute seule abandonnée.

Et la pluie est tombée, pour rendre encore un peu plus triste la vue par la fenêtre...


Y'a des jours comme ça!

 

Hier soir, après une longue journée de travail, je descends au garage et je remarque que ma voiture penche un peu. En y regardant de plus près, en effet, le pneu avant droit est tout à fait plat. Je retrousse mes manches et démonte la roue: coupable immédiatement identifié, du travail net et précis!


Quelques minutes plus tard, la mini roue de secours est montée et je peux donc rentrer.

Sauf que... pas malin... depuis trois ans et demi, je n'ai jamais pensé à vérifier la pression du pneu de la roue de secours. Pas de clou dans ce pneu-là... mais il est tout aussi plat! Y'a pas que le chauffage qui a l'aircon, dans ma bagnole.

Heureusement, pour un modeste supplément de 5 dollars, mon assurance auto comporte l'assistance dépannage. En trente seconde sur l'appli, le dépanneur est commandé. Mais de 35 minutes en 35 minutes, son délai d'arrivée ne cesse d'être repoussé.

Deux heures plus tard, il arrive enfin. Alors le mec... il n'a pas entendu parler qu'on était en pandémie: pas de masque sur sa tronche. Content donc d'être moi-même masqué et vacciné, car il n'aurait pas fallu se choper un virus en même temps. Quant à lui, flémard, il fanfaronne car il n'a rien à faire à part brancher son gonfleur électrique.

A 22 heures, je rentre enfin, je me vautre quelques minutes dans le fauteuil. Soudain, la lampe clignote pendant une demi seconde. Puis quelques instants plus tard: boum! Une énorme explosion à l'extérieur. Puis un défilé de sirènes de pompiers dans le quartier. Que s'est-il passé? Aucune idée! La base de données 911 indique simplement un "problème électrique". Etrange.

Aujourd'hui, ma mission était donc de trouver un marchant de pneus... histoire de réparer ma roue avant que le moule à tarte de secours ne lâche. Alex et Frank ont été entendus jusqu'ici: travail sur rendez-vous uniquement. Et soit ils ne répondent pas au téléphone, soit ils refusent les simples crevaisons.

Quel drôle d'époque: plus facile de trouver un vaccin Pfizer qu'un pneu de rechange!



Longs becs

 

Pendant plus d'une décennie, j'ai négligé ma longue-vue. Elle faisait partie d'une vie précédente. Quand toutes les 2-3 semaines, on partait entre amis par monts et par vaux à la recherche des observations de saison. Sans ces expéditions, plus besoin de longue-vue... alors autant l'oublier. De toute façon, l'oculaire avait récemment été endommagé.

Ca a commencé à changer quand Elodie & Antoine sont venus en visite ici à Seattle. On a retrouvé trace de la longue-vue, on a réparé l'oculaire et on lui a fait un entretien optique. Mais il m'a encore fallu 2 ans pour, littéralement, la remettre sur pied. Et maintenant, quand on lui enlève la housse de protection, vous ne trouvez pas qu'elle a encore belle allure ma longue-vue, malgré ses près de 20 ans? En tout cas, l'optique reste impeccable. Et sur le marché de l'occasion, ses cousines n'ont pratiquement rien perdu de leur valeur de l'époque.

Maintenant, comme je disais, l'ornitho à l'époque c'était entre amis. Mais dans la période étrange que nous vivons, les amis sont loin de toute façon... alors pas de regret à birdwatcher isolé.

En plus, de nos jours, il suffit d'un téléphone pour digiscoper... et donc partager. Je dois encore faire beaucoup de progrès. Mais le thème du jour, ce sont les longs becs.


Celui-ci, mon objectif est d'un jour vous le digiscoper net, en vol stationnaire, et sous l'angle d'éclairage qui fera changer la couleur de sa tête!