Zoom

Il y a des réunions Zoom qui sont moins désagréables que les autres. Par exemple quand l'organisateur fait déposer un paquet sur le pas de la porte une heure avant le début de la réunion!



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Petite comparaison... et prévision

La situation ici à Seattle est bien différente de la Belgique. Ca a tendance a réaugmenter ces dernières semaines, mais bon an mal an, la situation reste sous contrôle pour l'instant.

Petit historique de comment on en est arrivés là.

- C'est à Seattle que ça a commencé (première détection de transmission locale, maison de repos ravagée), donc les mesures ont débuté tôt, dès la fin février.

- Ce sont les gros employeurs qui ont pris les choses en main: télétravail chez Amazon, tout le monde a suivi.

- Si bien que le jour où le Gouverneur a décrété l'ordre "Stay Home. Stay Healthy", ça n'a plus eu aucun impact sur les statistiques de circulation routière: on était déjà au minimum.

- En mai, le gouverneur a publié son programme de déconfinement, en quatre phases et par County. Chaque county (comté?) devait remplir des critères bien précis pour passer à la phase suivant. Notamment, une incidence égale ou inférieure à 25 cas par 100.000 habitant sur 14 jours.

- Fin juin, enfin!, et par miracle, le King County a atteint (pour 1 jour!) ce chiffre plancher et tous les autres requis: Seattle en entrée en phase 2.

- Ailleurs dans l'état, des comtés ruraux peu touchés cavalaient vers les phases 3 et 4. C'est là que les choses ont commencé à déraper. Telles des taupes dans une pelouse, des foyers ont surgi un peu partout semaine après semaine.

- Mi juillet, le Gouverneur a sifflé la fin de la récréation! Pause à durée indéterminée de toutes les opérations de déconfinement. Masque obligatoire partout et en toute circonstances, et on ne discute pas!

Vous vous souvenez de votre phase 2 en mai dernier? Ce n'était pas terrible, n'est-ce pas? Et bien nous y sommes encore...

Donc l'été a été un peu difficile: d'un côté, nous étions empêtrés indéfiniment dans notre confinement alors que vous pouviez profiter de l'été. De l'autre côté, en voyant toutes les images de l'Europe insouciante en vacances, j'avais l'absolue certitude que la Belgique allait en arriver là où elle est aujourd'hui et ça m'inquiétait.

Ce que le Gouverneur ici a bien compris, c'est qu'on est à la recherche d'un équilibre très fragile qui nous permettra de vivre avec le virus. Si on trouve cet équilibre, on ne bouge plus... sinon on va le perdre. Et même si on ne bouge plus, les conditions extérieures peuvent changer (la météo) et nous faire basculer. C'est compliqué!


Alors, la faute à qui en Belgique? Marius dit échec collectif. Faux! La presse dit les pseudo-experts genre Gala, Rentier et autres crétins à qui ils ont donné la parole. Faux!

La seule responsable, c'est Sophie. Elle a dit: "Tout est autorisé, bonnes vacances!". Elle avait gagné la confiance lors du confinement, alors tout le monde a suivi ses conseils. Ce qui a inévitablement envoyé la Belgique vers une nouvelle croissance exponentielle.

Et la suite? Alexander nous dit "4 semaines". Le Gouverneur ici nous a directement dit "durée indéterminée": c'est plus honnête!

Le crétin de l'année

On tient un sérieux candidat!

Punaise!


J'étais à Chicago pour deux jours en début de semaine. Virtuellement, évidemment! Et avec le décalage horaire, ça commençait tôt donc j'y suis allé en mode WFH: "Work From Home".

L'avantage du WFH, c'est que si on n'est pas trop intéressé par une présentation, on peut facilement faire du multitâche.


Mieux que le repassage: de l'entomologie.

Toute la journée des insectes hétéroptères, connus sous le nom vernaculaire de "punaises", sont venus se poser sur les vitres. Ca migre ces bestioles-là? Car voir ce défilé m'a vraiment rappelé les postes d'observations ornithologiques, bien positionné sur un site de migration. Antoine, Jef, qu'en pensez-vous?

Et jeudi, j'étais à Madrid. Tout compte, un enregistrement de 20 minutes, c'est plus efficace qu'un voyage de 20 heures. Mais intellectuellement, c'est quand-même un peu moins stimulant.

Freddy, ministre de l’épidémiologie!


Abdication

Sophie a donc décidé d'abdiquer. "Vous n'aimez pas les mesures que je prends? Alors faites ce que vous voulez."

Ce n'est pourtant pas compliqué à comprendre:



Le graphique pour Martin

Voici le graphique demandé par Martin. A gauche, la proportion des différentes tranches d'âge dans la population belge. A droite, la contribution de chaque tranche d'âge aux cas détectés d'infection au SARS-CoV-2, de jour en jour.

Quelques observations:
- Aux premiers jours de l'épidémie, toutes les tranches d'âge étaient touchées proportionnellement à la population.
- La fermeture des écoles à la mi-mars a eu un effet drastique et quasi instantané: la contribution des 0-19 ans est pratiquement tombée à zéro.
- C'est dès la mi-mars, et surtout début avril, que la tragédie s'est jouée: les plus de 80 ans ont casqué.
- Début mai, au grand bonheur de tous, déconfinement. Merci Sophie! Instantanément, les infections reprennent chez les 0-19 ans.
- Juillet, fin des examens, faisons la fête... le virus en profite tout l'été chez les 10-49.
- Rentrée des classe... ça augmente chez les ados, mais on garde ça à l'oeil dans les prochains jours.

Alors pour répondre plus précisément à Martin, son petit frère devrait-il porter le masque à l'école?



Certes, les 0-9 sont sous-représentés parmi les cas positifs, contrairement aux 10-19. Et la rentrée semble être sans effet jusqu'à présent. Mais les 0-3 ans ne vont pas à l'école. Et la réponse au confinement démontre que les "mesures non pharmacologique" affectent leur risque d'être infecté. On voit aussi à la fin juin, quand les écoles ont réouvert et que les cas étaient extrêmement rares, un pic chez les 0-9. Alors pourquoi ne pas porter le masque? Les "experts" ont probablement une explication...

 

A l'école du coronavirus

 

J'ai voulu écrire ce post il y a un mois. Mais je me suis ravisé, en me disant qu'il n'était pas très sympa de s'en prendre systématiquement aux "experts". Et puis aussi, à force de me croire plus malin qu'eux, j'allais moi aussi inévitablement finir par raconter des conneries.

A l'époque, les experts pédiatres nous disaient que les enfants devaient absolument retourner à l'école et qu'il ne fallait surtout pas les traumatiser avec le port du masque. Car d'après eux, les enfants ne sont que très peu infectés par le coronavirus et ne sont pas infectieux. Certains pédiatres ajoutaient même que les enfants ne sont pas vecteurs de maladies.

Mon avis il y a un mois? Ces "experts" vont se mordre les lèvre à la mi-octobre. Et j'ai bien fait de ne rien écrire à l'époque car j'avais tort: il n'a pas fallu attendre la mi-octobre... la mi-septembre aura suffi!

Démonstration par les chiffres de Sciensano, arrêtés au 15 septembre.

Les 10-19 ans, pratiquement tous en âge scolaire, représentent environ 11% de la population belge. C'est la ligne pointillée fuchsia sur le graphique. Au tout début de l'épidémie, les 10-19 ans représentaient plus de 10% des cas positifs, mais dès le début du confinement (les lignes verticales rouges), cette proportion est tombée à moins de 1%. On peut dire que la fermeture des écoles les a bien protégés contre le virus!

Dès le déconfinement en mai (les lignes verticales vertes), les 10-19 sont ressortis de la maison et ont été exposés au virus. En été, leur contribution aux infections était proportionnelle à leur représentation dans la population, et c'est assez logique. Faisons maintenant un zoom sur la période récente et la rentrée des classes, la dernière ligne verticale verte.


Boum! Il n'a fallu que deux semaines pour que ça parte à l'exponentielle!

Comparons ceci avec les quadragénaires, qui n'ont pas été autant concernés par la fermeture et la ré-ouverture des écoles. Dans leur cas, au cours des mois, leur contribution aux infections est restée stable.


Les écoles seraient-elles donc des incubateurs à virus? Quelle surprise pour les pédiatres! Ils n'avaient jamais vu ça. A moins que... ah oui, la varicelle, et l'un ou l'autre virus causant des maladies dites *infantiles*.

Mais ce n'est pas bien grave, n'est-ce pas? Les enfants infectés ne sont pas malades, ils sont presque tous asymptomatique, juste? Les statistiques de maladie et symptomes ne sont pas fournies par Sciensano. Mais une autre tendance évidente est révélée par les statistiques. Depuis début septembre, le virus s'étend vers les plus de 70 ans. Quelle surprise pour les pédiatres: ne leur avait-on jamais dit chez qui allaient les enfants le mercredi après-midi?

Tout ça ne veut pas dire qu'il faut refermer les écoles. Mais, simplement que certains crétins devraient un peu étudier les données de Sciensano avant d'aller se ridiculiser au JT.

Réveillé par la corne de brume

On ne peut pas dire que la situation s'arrange...



Trail


Puisque ce weekend est merdique, retournons au weekend dernier.

On avait compris depuis bien longtemps que le marathon d'Amsterdam serait annulé. Alors au printemps, après l'annulation du semi de Vancouver, il a fallu trouver une autre motivation. D'abord, j'ai continué mon entraînement pour la version virtuelle de Vancouver. Puis j'ai décidé que je courrais métronomiquement l'équivalent d'un semi-marathon (ou plus) chaque dimanche. Mais au fil des semaines, je m'en suis lassé. Alors pour cet été, il fallait trouver autre chose.

Inspiré par les récits d'Elodie à Noël lors de notre petit jogging à Mirlipimpin; motivé par les jolies traces sur Strava de l'infatigable Didier; impressionné par les breloques ramenées chaque dimanche par Adrien à l'époque où on pouvait courir en société; rappelé à l'ordre par Sylvie quant à la proximité des montagnes; équipé de l'appli cartographique d'Antoine pour ne pas me paumer; conseillé par Robert sur la manière de remplir la musette... le défi de cet été serait un semi-marathon trail en montagne! Après quelques explorations en juillet et août, dimanche dernier était le jour!

La Pategaumais-Mobile m'a emmené vers l'est par l'autoroute I-90, vue ici serpentant à travers Snoqualmie Pass.

La première montée sur l'Ira Spring Trail était raide: de la marche rapide plutôt que de la course. Mais dans cette région, quand on arrive au sommet, la récompense est toujours la même: le Mont Araignée!

De l'autre côté de la crête, un joli sentier sans âme qui vive, à part les oiseaux et les araignées tissant leurs toiles en travers du chemin. Pendant plus d'une heure, de lac en lac et de point de vue en point de vue, on en oublierait presque 2020. La liberté!

Mason Lake

Sir Richard Pond

Rainbow Lake

Kaleetan Peak (je pense...)

Talapus Lake, alors que le soleil de fin d'été passe déjà de l'autre côté de la colline

Ce qui est bien en trail, c'est qu'on se moque de ce que dit la montre: de toute façon l'allure est beaucoup trop basse et le cardio beaucoup trop haut. Alors quand on traverse un ruisseau, autant y tremper les pieds.

Rafraîchi, on peut ensuite dérouler dans la descente.

Mais bien vite, on retrouve à contre-coeur la civilisation: il faut se faufiler entre les promeneurs du dimanche, leurs chihuahuas et leurs virus.

Même si les yeux traduisent un certain épuisement par rapport au précédent selfie, le buff cache un sourire satisfait.

Une poignée de poissons rouges pretzel salés pour se remettre de ces 24 kilomètres et 1100 mètres de dénivelé positif, puis retour vers Seattle.


Le prochain défi pourrait voir ressortir la Flèche Bleue: il y a quelques cols classés hors-catégorie, dans la région!