Passeport gaumais

 

On avait un peu perdu l'habitude, ces derniers temps...



Z'avez le bonjour du Chef

 

Il va bien, merci pour lui!


Il m'a donné sa bénédiction pour aller prendre l'avion mercredi: il a vu les données les plus récentes de Moderna contre Omicron. Quatre semaines après ma troisième dose, j'ai le taux idéal d'anticorps dans le sang. Par contre, il m'a interdit d'enlever mon masque la moindre seconde dans l'avion... donc à jeun pendant tout le vol! Je n'en apprécierai que plus les cougnous bien belges à l'arrivée! (et pas besoin de lancer de débat en commentaire, il s'agit bien de cougnOUs!)

A part ça, refaisons une petite session d'épidémiologie comparée. Dimanche soir, je disais à Virginie par email que la situation était sous contrôle dans le King County:


Mais lundi matin, bardaf, 70% d'Omicron -- on ne parle même plus de "courbe" des contaminations:


Je vous promets, si la même chose se produit en Belgique à mon arrivée, ce n'est pas de ma faute!

Une dernière chose: on s'habitue vite au luxe... mais cette pandémie nous ramène les pieds sur terre. Plus moyen de commander une boîte de tips pré-remplie. Alors on retrouve les vieilles habitudes du labo à l'ULB: remplir les tips à la main!
Les enfants gâtés du labo, ils ne savaient même pas que c'était possible!


Le complot Castex

 

Le Premier Ministre français a donc annoncé hier le remplacement du "Covid safe ticket" version française par un pass vaccinal. Un test négatif ne fera plus l'affaire, il faudra être vacciné pour aller au restaurant ou au théâtre. Discrimination contre les non-vaccinés? Grand complot de l'Etat central à la merci des multinationales? Certains le pensent. Réaction dans l'urgence et la panique face à la déferlante annoncée d'Omicron? Probablement.

Mais si on y regarde de près, cette décision est beaucoup plus importante car elle signale une transition essentielle dans la gestion de la crise du covid: le passage d'une gestion de pandémie, à celle d'une endémie. Revenons sur les faits et leur interprétation.

Acte 1:

Lors du développement des vaccins en 2020, l'objectif était d'atteindre au moins 50% de protection contre les maladies symptomatiques. Avec plus de 90% d'efficacité, l'objectif était largement atteint. Mieux! Les vaccins protégeaient à environ 80% contre la transmission du virus. Dans un excès d'optimisme, on a donc rêvé d'une fin de crise rapide et de l'éradication du virus.

Et pour s'assurer du succès, on a mis en place le covid SAFE ticket: soit tu es vacciné et tu ne risques rien, soit tu as un test négatif et tu ne peux contaminer personne. Parfait! Chacun ayant la liberté de choisir entre le vaccin ou les tests. En fin de printemps 2021, nous étions presque sortis d'affaire.


Acte 2:

Delta déboule. Rapidement, on constate que les vaccinés peuvent être infectés, peuvent transmettre le virus, et peuvent être assez sérieusement malades. Même si ces risques sont fortement réduits par la vaccination. On connaît tous des gens en bonne santé, vaccinés, qui ont chopé delta cet été et "n'ont jamais été aussi malade de leur vie". C'est là que le covid SAFE ticket a perdu tout son sens. Pour un vacciné, il valait mieux aller au bistro avec un non-vacciné testé négatif le jour même, plutôt qu'avec un vacciné potentiellement infectieux. Plus personne n'était vraiment SAFE. Depuis, au café du commerce, les immunologistes de comptoir s'en donnent à coeur joie: "le vaccin ne fonctionne pas" mais "c'est une épidémie de non-vaccinés", "les lymphocytes T sont plus importants que les anticorps", "les enfants ne sont pas les moteurs", et patati et patata.

L'immunologie, c'est comme le football: à la troisième mi-temps, tout le monde est entraîneur. Néanmoins, on cherche toujours celui qui pourra ramener le titre au Standard.


Acte 3:

Omicron entre dans la danse. Vaccin ou pas, il va passer à travers tout. Si quelqu'un vous affirme avec certitude qu'Omicron est bénin, ou au contraire que ça va être l'apocalypse, cette personne peut préparer son CV, pour l'envoyer au Standard le jour où l'entraîneur actuel sera viré.

Jean Castex, lui, a compris deux choses. D'abord, ce virus, il est là pour rester et il n'en viendra pas à bout. Ensuite, le vaccin actuel en trois doses continue à bien protéger contre les hospitalisations. Alors le message qu'il fait passer à ses concitoyens est simple: "Restez en dehors de mes hôpitaux, et je vous lâcherai les bottes". Que le virus circule dans les bistrots, cinémas et tribunes de football, ça ne le concerne plus.

Après, chacun pourra choisir le niveau de risque à prendre face à delta, à omicron, ou au reste de l'alphabet. Sachant que ça pourrait résulter en un bon rhum, une grosse gripe ou une sale bronchite... mais ça, Jean Castex n'en a cure. Le pass vaccinal, c'est donc le retour des libertés et responsabilités individuelles dans un monde devenu épidémiologiquement dangereux et incertain. A condition de vider les hôpitaux... donc de vacciner tout le monde.


Restent quelques questions en suspens: Jean Castex va-t-il aller au bout de sa logique? A-t-il raison? Est-ce le bon moment? Est-ce que ça va fonctionner? L'avenir le dira...



Bilan annuel

 

Vous vous souvenez de ma tradition à Yale? Vers le 20 décembre, je faisais le ménage à l'animalerie, je rentrais à pied pour photographier le sapin sur le New Haven Green, le soir je postais le dernier blog de l'année, puis le lendemain je partais en train vers JFK pour embarquer sur le DL140 à destination de Bruxelles.

Et bien à Seattle, il n'y a vraiment aucune ambiance de Noël ni de sapin à photographier. L'animalerie, je ne dois plus trop m'en soucier, un petit gars au labo s'est porté volontaire: "Fais moi la liste, et je génotyperai tout pour toi entre Noël et nouvel an". Sympa! Mais comme j'ai soumis aujourd'hui le dernier rapport de l'année, il y a quand-même un peu cette agréable impression de fermer la boutique pour les fêtes.

Il me reste néanmoins 2-3 choses à finir lundi et mardi. Notamment, j'ai reçu hier un mail du Chef. Celui de New Haven. "On a un souci avec nos souris, tu peux nous aider? On peut faire un Zoom lundi?" Bien sur, Chef! Mais c'est le même souci qu'on avait résolu il y 10 ans. Et la solution est celle que je lui ai rappelée il y a 2 ans, et 4 ans. A mon avis, il a juste envie de prendre des nouvelles.

Faisons le bilan de ces deux années écoulées. Difficile: tellement de choses se sont passées! J'ai un peu l'impression de sortir d'hibernation. Vais-je reconnaître la Belgique, y retrouver mes marques? j'appréhende un peu. Ici, on est passé par toutes les émotions. Vous ai-je dit que j'ai régulièrement pensé à changer de métier? Faire des manips, c'est mon truc. Par contre début 2020, faire tourner un labo, je n'étais plus certain que c'était pour moi. On passera les détails, mais scientifiquement, personne ne voulait travailler à ma manière... et au final, c'est moi qui me suis fait convoquer au resources humaines. Alors quand en plus j'ai été obligé de fermer le labo... à quoi bon? Autant rentrer à la maison et aller faire guide ornitho au Zwin. Sauf que l'ornitho, j'ai un peu oublié, donc même ça ce n'était plus possible. Quel loser!

Heureusement, la pandémie a finalement été salutaire. Dans leur délire collectif, ils ont tous fini par se barrer. CTRL-ALT-DEL... à l'été 2020, j'ai pu commencer à reconstruire un labo, un vrai. Et fin 2021, voici où nous en sommes:

Une bande de joyeux apprenti immunologistes, plus enthousiastes les uns que les autres, fiers de présenter leurs résultats chaque vendredi matin au lab meeting, qui s'aident et se motivent entre eux, écoutent et suivent mes conseils, ouvrent grand les yeux et les oreilles quand je pars dans mes grandes explications de fausses bonnes idées qui s'avèrent parfois pas trop mauvaises.

C'est amusant de travailler avec chacun d'entre eux, et trouver la manière de les amener individuellement à leur meilleur potentiel. Il faut malheureusement encore gérer les conséquences des 2-3 années précédentes, et j'espère que les dégâts pourront être absorbés. Mais c'est avec un labo comme celui-ci qu'on va soigner le cancer du sida... je vous le promets!

A très bientôt!


Créneau

 

La pluie s'est calmée c'est derniers jours à Seattle, après l'automne (septembre à novembre) le plus pluvieux de l'histoire!

Alors quand le cerveau commence à surchauffer au bureau, je peux à nouveau aller faire une petite promenade au bord du lac, de l'autre côté de la rue.

Ca me fait toujours plaisir de voir que pour certaines personnes, la principale préoccupation du jour est de trouver un emplacement pour parquer leur barquette.


Visiblement, ce n'est pas facile à manoeuvrer ce genre d'engin! La visibilité dans les rétroviseurs n'est pas idéale.

Hologramme

 

L'été dernier, on a eu droit à un peu de liberté. Ca n'a duré qu'un mois, en juillet, car dès le premier août Zoom et masques étaient de retour en force. Mi-juillet est donc le moment qu'avait choisi notre ami Reed (le fils de Steve qui aimait les pommes) pour venir nous rendre une visite express, et nous emmener au resto après une journée de rapport d'activité.

Au cours de la soirée, une des questions a été: "Quel a été le meilleur achat de chacun pendant la pandémie?".  Vous pensez bien, quand un riche héritier rencontre une tripotée de profs de médecine, les réponses sont plutôt matérialistes. Entre le home trainer Peloton, le bain à bulles et la Tesla, je ne me sentais pas vraiment à ma place dans cette conversation. Ils m'ont tous un peu regardé de travers, mais je pense qu'ils ont quand-même un peu compris, quand je leur ai parlé de ma mangeoire pour oiseaux:


... accompagnée d'un quintal de graines de tournesol.

Quoi qu'ils en pensent, les mésanges du quartier, elles, approuvent mon investissement. Et dès que les stocks s'épuisent, elles savent comment me rappeler qu'il est temps de les remplir.

Si vous vous demandez ce qu'est ce machin en plastique rouge tout droit sorti des années 70s...

... c'est pour nourrir les colibris. Ca ressemble à des fleurs, et on le remplit d'une sorte de grenadine au goût de nectar.

Le colibri est régulièrement dans le quartier, mais l'animal est farouche et rapide comme l'éclair. Depuis des mois, j'essaie de le photographier ou de le filmer. Depuis des mois, il me défie.

Mais aujourd'hui, par un morose dimanche après-midi typique de November Rain, il s'est enfin prêté au jeu. Le colibri est impressionnant par son vol stationnaire. Mais son plumage en hologramme est tout simplement stupéfiant. En fonction de l'angle de la lumière, sa tête apparaît noire...
... ou rose!
Le colibri était tellement complaisant que j'ai même pu faire quelques vidéos.



Y'a pas photo, l'émerveillement qu'apporte ce colibri est sans mesure avec une Tesla.

Arraignée

 

Pour celles et ceux qui ne suivent pas sur Strava!


Bilan de l'été

 

Pas fait grand chose de bon cet été. Pas une seule sortie en montagne. Trop peu de kilomètres à vélo. Une forme en berne pour la course à pied. Pas génial! Mais par contre, je suis plutôt satisfait de mes travaux de jardinage. Voyez ces photos avant (fin mars 2021) / après (fin octobre):





Je reconnais, j'ai dû faire usage de l'arme chimique pour lutter contre l'agression des pissenlits. Mais avec modération. Et l'impact environnemental de ma mangeoire, c'est une population décuplée de juncos et de mésanges dans le quartier.
Notez aussi l'upgrade dans l'angle de la prise de vue.




Lake Washington

 

Le nouveau trépied de la longue-vue est également fort pratique pour y poser le zoomy-zoom. Néanmoins, la photo est un art... que je ne maîtrise absolument pas!

Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment augmenter le contraste sur le Mont Rainier, là-bas au loin derrière une fine couche de nuage, sans que le lac ne devienne bleu électrique et les arbres presque noirs?



Cherchez l'intrus

 

Quand trois Italiens et un Belge font du vélo...